Acquisition de Chapais Énergie par Nexolia

Acquisition de Chapais Énergie par Nexolia

Chapais Énergie

Crédit photo : Archives

Depuis quelques mois déjà, des rumeurs sur l’acquisition de Chapais Énergie par Nexolia Bioénergie couraient dans la région. Tous savaient que le dossier avançait mais peu d’informations étaient connues du grand public sur l’avenir de l’usine. Qui était derrière Nexolia, cette entreprise presque inconnue qui venait de vendre une usine désaffectée de pâte et papier à Lebel-sur-Quévillon pour venir acquérir Chapais Énergie? Plusieurs questions restaient en suspens.

Minuit moins une

Lorsque le maire de Chapais, Steve Gamache, était questionné sur l’avenir de l’usine de Chapais Énergie qui voyait son contrat avec Hydro-Québec se terminer au mois de juin, celui-ci répondait avec un petit sourire en coin. Une solution était envisagée, mais silence sur le projet. Le nom de Nexolia Bioénergie est apparu un peu avant les fêtes. Les personnes les mieux informées savaient probablement qu’il y avait de nouveaux propriétaires, mais sans plus. La transaction s’est officialisée au mois de septembre et le contrat d’approvisionnement d’énergie de 28 mégawatts sur 25 ans, indexé avec Hydro-Québec, entrera en fonction en juin.

La propriétaire de Nexolia, Vicky Lavoie, a confirmé que la trentaine d’emplois à l’usine de cogénération seraient conservés. Dans les prochains mois, des serres chauffées grâce à la vapeur produite par l’usine verront le jour, créant plusieurs dizaines de nouveaux emplois. Il n’a pas été possible de savoir de quelle nature seraient les cultures faites dans les serres. Toutefois, Vicky Lavoie a confirmé que ce ne serait pas du cannabis, mais plutôt des légumes.

Journal de Québec

L’article du Journal de Québec paru le 19 février sur la propriétaire de Nexolia, Vicky Lavoie, en a fait sursauter plus d’un. La femme d’affaires s’est dite profondément choquée par le contenu de l’article du Journal de Québec. «Tout est faux. Les chiffres utilisés dans l’article seraient sortis de leur contexte pour faire sensation », affirme-t-elle. Cette dernière confirme que toutes les transactions ont été faites dans la légalité et que l’enquête réclamée a déjà eu lieu cet automne et n’a rien révélé d’anormal.

Madame Lavoie a voulu rectifier cet autre élément rapporté par l’article du quotidien qui indiquait qu’avec « les profits de la vente de l’usine à papier financée par le gouvernement, Vicky Lavoie a pu payer
«cash» une centrale électrique biomasse à Chapais, où elle pourra engranger des revenus de près de 800 millions $ sur les 25 prochaines années. « Sur la somme de 800 M$ mentionnée sur 25 ans, il faut déduire les salaires, l’entretien des équipements et des bâtiments, les couts pour l’acquisition de la biomasse et les investissements des nouvelles installations et de l’usine puisque celle-ci a besoin d’un peu d’amour comme diraient certaines personnes », a-t-elle précisé.

Déroulement des évènements

René Martel

Nexolia a été fondé en 2011 dans le but d’investir dans les secteurs des ressources naturelles et des énergies renouvelables dans le nord du Québec. Dès le départ, c’était l’ancienne usine de pâte et papier Domtar de Lebel-sur-Quévillon qui était dans la mire de la jeune entreprise. Or, en 2012, la compagnie Fortress Global a acquis l’usine pour la relancer avec un projet de cellulose. Cependant, la situation protectionniste à l’importation de la part de la Chine a compromis le projet et a forcé Fortress Global à vendre l’usine et les installations.

Nexolia a donc acheté l’usine en 2016 dans le but d’y faire une usine de cogénération grâce au contrat de production d’électricité de 45 mégawatts qu’avait obtenu Fortress en 2015. Le projet ne couvrait que l’usine de cogénération et non les installations de l’usine de pâte qui seraient démantelées et vendues pour financer une partie du projet.

Promesse

Dans la négociation avec la ville de Lebel et la population, Vicky Lavoie, propriétaire de Nexolia, a toujours mentionné que, si une compagnie se manifestait pour relancer le projet d’usine de pâte avant le début des travaux de son projet, elle serait à l’écoute et ouverte à vendre les installations puisqu’une usine de cogénération génère beaucoup moins d’emplois qu’une usine de pâte.

C’est exactement ce qui s’est produit puisque Chantiers Chibougamau a manifesté son intérêt pour l’usine de pâte dans le but de la relancer. Vicky Lavoie a donc débuté les négociations qui ont duré plusieurs mois. Dans la transaction, elle a conservé 28 mégawatts du contrat de production d’électricité de l’usine de Lebel-sur-Quévillon. Ces mégawatts ont été déménagés à l’usine de cogénération de Chapais qui, elle, était appelée à cesser ses activités au milieu de l’année 2019, faute de contrat. Dès cette année, la construction de serres débutera. Elles seront chauffées grâce à la vapeur produite par l’usine, une exigence au contrat d’Hydro-Québec.

L’usine sera alimentée en majeure partie par de la biomasse forestière récupérée sur les lieux de coupe et l’approvisionnement sera complété par des ententes locales.