Comment attirer la main-d’œuvre en région?

Comment attirer la main-d’œuvre en région?

Dans le cadre du Rendez-vous des employeurs du Nord-du-Québec, La Sentinelle s’est entretenue avec deux experts des ressources humaines à propos d’un défi auquel les entreprises font souvent face : comment attirer de la main-d’œuvre de qualité ici et faire en sorte qu’elle s’y établisse à long terme?

Pour Jonathan Plourde, associé chez Alexander Hugues, une firme de chasseurs de tête, c’est d’abord une question du marketing de la région. «Il faut que la région se développe un branding, qu’elle ait un pitch à faire. Ce que je trouve intéressant des régions et c’est leur défi, c’est de se réinventer.» D’après lui, ce pitch de vente doit être basé sur les avantages de la région, comme le stress moindre et la présence de la nature par exemple.

Ronny Bernatchez, un associé chez Altifica qui a travaillé en recrutement de ressources humaines à Port Cartier durant quelques années, croit aussi que les futurs travailleurs de la région doivent tomber en amour de celle-ci, mais on ne doit pas sous-estimer l’impact de plusieurs autres facteurs, comme la situation du ménage du travailleur.

«Quand on faisait venir des gens en entrevue sur la Côte-Nord, on faisait venir leur conjoint, parce que si la femme du monsieur qui se présente n’aime pas la région, tu ne pourras pas attirer le travailleur à long terme», croit-il.

 

Le patron a aussi un grand rôle à jouer. Selon lui, 70 % de l’impact sur l’engagement des gens vient du supérieur immédiat. «Tu ne quittes pas une organisation, mais un boss souvent. S’il te laisse des responsabilités et te fait confiance, tu vas grandir.» Les dirigeants se doivent donc d’être bon communicateur et d’être honnête, estime-t-il. «Ils doivent donner l’heure juste dès l’entrevue, en te disant c’est comment dans leur entreprise.»

 

Les moments de vérités entre l’employeur et le travailleur sont aussi essentiels d’après M. Bernatchez, ceux-ci ne doivent pas être manqués. 

 

«Il y a plusieurs moments de vérité, comme avant même que le candidat soit engagé. S’il trouve que le processus de recrutement est long et pénible, il va moins avoir le gout de travailler pour toi. Ensuite, si à sa première journée, son ordinateur à son bureau n’est pas prêt, tu viens de manquer un autre moment de vérité. Il faut s’assurer que les moments où tu as des contacts clés avec ton employé se passent bien», explique-t-il.

Quant à M. Plourde, il résume l’attachement à une région ainsi: «Si les gens viennent pour les bonnes raisons, en connaissance de cause, ils vont rester. S’ils viennent seulement pour l’argent, ils vont repartir. Il faut bien gérer les attentes.»

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