Fortress: Quévillon se bat pour 300 emplois

Le maire de Lebel-sur-Quévillon, Alain Poirier, se croise les doigts pour que les discussions entre la compagnie Fortress Paper et un groupe d’investisseurs aboutissent afin de redémarrer l’ancienne usine Domtar, fermée il y a près de 10 ans dans la foulée de la crise forestière.

«Ça représente 300 emplois chez-nous. C’est très important pour notre économie. Même que c’est pratiquement une question de vie ou de mort», soulignait M. Poirier lorsque rencontré mardi matin.

Le maire se gardait bien sûr d’identifier les investisseurs potentiels en question. Selon lui, Fortress et les investisseurs discuteraient à savoir s’ils s’associent pour repartir l’usine ensemble, ou si Fortress vend les installations aux investisseurs. «Ce qui est intéressant, c’est que des gens discutent toujours», a fait valoir Alain Poirier.

Depuis 2005, année où la crise forestière a éclaté, Lebel-sur-Quévillon a perdu un peu plus du tiers de sa population, qui est passée de 3500 à 2300 habitants. «Si ce gros dossier se règle de façon positive, ce sera une belle étincelle pour notre municipalité. Ce serait même un énorme feu d’artifice!», a lancé M. Poirier en souriant.

Une autre solution?

On revivait d’espoir à Quévillon, à l’été 2012, quand Fortress a acquis l’ancienne usine de pâte et papier Domtar. En pré-campagne électorale à l’époque, le premier ministre Jean Charest s’était même déplacé à Quévillon pour l’annonce en grandes pompes de ce projet, qu’on croyait alors être la relance de l’usine. Et du même coup de la petite ville nordique.

Sauf que trois ans plus tard, on attend toujours que ça décolle. Car Fortress, en raison du marché mondial durement touché par les droits de douanes de 23% de la Chine sur la pâte cellulosique, n’a pu démarrer son projet d’usine de rayonne, un tissu synthétique.

Si cette taxe perdure, la Ville de Lebel-sur-Quévillon aurait, selon le maire Poirier, une nouvelle solution à proposer pour relancer l’usine, à partir du contrat de fourniture en électricité de 45 mégawatts d’Hydro-Québec obtenu par Fortress. Il serait alors question, comme le signalait RNC Media récemment, de transformer l’usine en motel industriel.

«La taxe chinoise fait que le projet (de rayonne) n’a pas encore pu démarrer, même que ça pourrait peut-être provoquer son annulation, a mentionné Alain Poirier. Dans ce cas, le modèle proposé serait de redémarrer une usine de cogénération. La Régie de l’énergie oblige que 15% de la vapeur produite serve à alimenter des entreprises connexes», a-t-il fait remarquer.

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