Jack Reacher : la formule s’essouffle

Jack Reacher : la formule s’essouffle

Il n’y a pas grand-chose de plus décevant qu’une suite décevante. C’est le cas du deuxième volet des aventures de Jack Reacher (Tom Cruise) qui dresse un portrait de l’ex-héros de la police militaire, ancré dans une histoire pleine de clichés et de stéréotypes d’égalité homme femme dignes des années 90.

On est bien loin ici du premier film réalisé par Christopher McQuarrie alors qu’on retrouve Jack Reacher errant sur les routes américaines, sans adresse, et toujours à la recherche de la justice. Avec comme seul port d’attache des appels de routine à la Major Susan Turner (Cobie Smulders en remplacement de Rosamund Pike) qui siège maintenant à son bureau de Washington, le militaire devenu civil prendra la route pour revenir dans la capitale.

Son passage sera quelque peu chamboulé alors qu’il s’apercevra que la Major de l’armée des États-Unis a été relevée de ses fonctions la veille de son arrivée et emprisonnée pour espionnage.

Se méfiant de la version officielle, Jack Reacher se rend à la prison militaire. Il se retrouve mêlé à une chasse à l’homme ayant des ramifications politiques obscures et paramilitaires. Il découvrira en parallèle l’existence de Samantha (Danika Yarosh), une adolescente de 15 ans ayant grandi dans les foyers d’accueil et qui pourrait se révéler être sa fille.

Sans surpriseAu cœur de l’océan

Déjà que le récit prévisible ne laisse pas trop de place au suspense, les plans rapprochés et dirigés vers les indices sont annonciateurs de la suite. La caméra ne laisse aucun angle mort et ne crée aucun flou scénaristique capable de garder un certain mystère entourant les personnages ou l’action.

Edward Zwick nous met les mots dans la bouche en surlignant en gros caractères les accroches du roman. Se faisant, on tombe rapidement dans une certaine lassitude devant une fin si prévisible d’une intrigue (para)militaire qui compte dans ce registre plusieurs canons dans les films d’action des dernières années.

Stéréotypes de genre

Le plus grand malaise scénaristique vient toutefois des dialogues convenus entre Reacher et Turner autour de l’égalité entre les hommes et les femmes, notamment au sujet de leur force physique lors d’attaques.

Ce registre aurait pu être évoqué par d’autres moyens plus subtils. De voir les yeux du vieux garçon célibataire s’écarquiller avec surprise à la vue du Major Turner qui couche un adversaire par terre est à la limite de la caricature.

Et puis, il y a cette relation qui lie les trois personnages en cavale dans une dynamique père/mère/enfant fausse et non crédible. Contraints de veiller sur Samantha, Reacher et Turner revêtent les habits de parents avec des phrases clichés telles que «c’est un monde cruel, vaut mieux qu’elle l’apprenne tôt».

Cette relation tombe dans le ridicule à la veille de la conclusion alors que les deux adultes se disputent à propos du partage des tâches. Il s’ensuit même une tirade de la Major Susan Turner. Elle cite alors dans un discours presque assumé que comme femme elle n’est pas obligée d’être celle qui reste auprès de l’enfant. Elle aussi a des «couilles» et est capable d’aller botter les fesses de l’ennemi.

Ça c’est de l’Action avec un grand A qu’aimerait Madame Bertrand.

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