Le vote des (plus) jeunes

Le vote des (plus) jeunes

Crédit photo : Courtoisie

(Un texte de Sarah Laplante, enseignante d’univers social à l’école Le Filon à Chapais) 

Selon le journal Le Devoir du 8 septembre dernier, notre circonscription a eu un taux de participation aux élections provinciales (2014) de 41,7%. C’est très peu lorsqu’on le compare avec celui de la province qui était de 71.4%.  Au Québec, 58% des jeunes âgés entre 18 et 34 ans se sont déplacés pour exercer leur droit de vote à ces mêmes élections. Comment faire pour augmenter le taux de participation chez les jeunes? C’est simple, il faut leur parler de la politique avant qu’ils n’aient le droit de voter.

Qui a dit que les jeunes ne s’intéressaient pas à la politique?

Les élèves de l’école secondaire Le Filon de Chapais ont eu l’occasion de s’initier à la démocratie. Durant les cours d’histoire, des jeunes de 12 à 17 ans ont eu l’occasion d’exercer leur droit de vote lors de la simulation de l’élection provinciale proposée par Élections Québec avec le programme d’éducation à la citoyenneté Électeurs en herbe.

Depuis la rentrée des classes, à chaque cours d’histoire, les quinze dernières minutes étaient réservées à la campagne électorale. Nous avons d’abord abordé les différents paliers de gouvernements (fédéral, provincial, municipal et scolaire). En visionnant les reportages humoristiques de l’équipe Rad, les élèves ont vu l’importance du vote chez les jeunes. Si le groupe des 18-34 ans ne va pas voter, les partis politiques vont s’intéresser de moins en moins à lui. Plusieurs ont été surpris en apprenant que le nom des chefs des partis politiques n’est pas inscrit sur le bulletin de vote. Seul le nom des candidats de la circonscription d’Ungava, placé en ordre alphabétique, et le nom du parti sont écrits. Après avoir regardé la capsule de Rad Il était une fois les partis politiques, les élèves devaient associer le nom du chef avec sa photo et le nom du parti. L’espace d’un instant, Gabriel Nadeau-Dubois est devenu le chef de la CAQ…  Avec les articles de La Sentinelle, les élèves ont pu en apprendre davantage sur les trois candidats Jean Boucher, Denis Lamothe et Jonathan Mattson. En effet, les articles étaient découpés et affichés sur le grand tableau électoral. Les autres partis politiques étaient aussi affichés au tableau. Malheureusement, nous n’avons pas trouvé beaucoup d’informations sur eux. Les élèves ont aussi analysé les promesses électorales de PLQ, PQ, CAQ et QS en éducation. La promesse de la CAQ  d’ajouter une heure de plus pour l’aide aux devoirs, le sport ou les arts n’a pas été très populaire chez les élèves! Par contre, la promesse du PQ de remplacer le cours d’Éthique et cultures religieuses par un cours d’Éthique et citoyenneté québécoise en a ravi plus d’un.

 

Et le gagnant est…

Étant donné que certaines écoles servent de bureau de vote, les élèves étaient en congé le 1eroctobre.  La simulation a donc eu lieu avant les vraies élections. Le programme d’éducation à la citoyenneté Électeurs en herbe envoyait à chaque école inscrite un isoloir, une urne et des bulletins de vote ressemblant aux vrais. Les jeunes ont vu à quoi ressemble un bureau de vote.  Les élèves de l’école Le Filon ont choisi Jonathan Mattson du Parti québécois avec 35% de voix. Le taux de participation a été de 74%. Cela s’explique à cause des absences dues à la période de chasse…  Chaque école participante au projet de la simulation a envoyé son résultat du vote. À partir du 2 octobre, il est possible de voir sur le site Internet d’Électeurs en herbe quel serait le premier ministre du Québec si des jeunes de 12 à 17 ans avaient voté.

 

 

Belle expérience

On oublie trop souvent que l’école ne fait pas que former des travailleurs, mais aussi des citoyens. En tant qu’enseignante d’univers social, je crois que ma mission d’ouvrir les jeunes aux valeurs démocratiques de notre société. Avec l’expérience de la simulation des élections, les jeunes Chapaisiens ont pu se « construire [leur] conscience citoyenne » et « consolider l’exercice de [leur] citoyenneté ». Il s’agit de compétences à développer pour les cours d’histoire. Je souhaite que mes élèves aient fait leur devoir : convaincre leurs parents de se déplacer pour aller voter. En terminant, j’ai déjà très hâte aux élections fédérales de 2019!