Mattawashish, le nomade productif des Forestiers

Mattawashish, le nomade productif des Forestiers

Silas Mattawashish entend profiter de sa 2e saison avec les Forestiers d’Amos pour préparer son ascension dans la LHJMQ l’an prochain.

L’attaquant de 17 ans était le meilleur buteur (10) et partageait la tête du classement des marqueurs de l’équipe (19 points) avec son compagnon de trio Derek Dicaire, en date du 29 novembre. Il est d’ailleurs le joueur offensif du mois d’octobre pour les Forestiers.

«J’étais un peu déçu de ma première saison. Je n’ai pas obtenu les résultats que j’avais espérés, mais j’ai laissé tout ça derrière moi. Je me concentre vraiment sur cette saison-ci dans le but de faire le saut dans la LHJMQ l’an prochain. Pour ça, je dois améliorer mon jeu», affirme-t-il.

Et il sait de quoi il parle. Il a pu goûter au niveau de jeu avec les Foreurs de Val-d’Or en tant que joueur invité au dernier camp de sélection de l’équipe. «Ce fut une très belle expérience. J’étais très fier de porter le chandail de l’équipe que j’ai suivie depuis que je suis tout jeune. Il me reste beaucoup de choses à améliorer. Je veux être plus solide sur mes patins pour lutter contre les plus gros joueurs, plus vieux, de la LHJMQ», fait valoir le centre de 5’11” et 172 livres.

Un nomade du hockey

Né à Chibougamau, Silas Mattawashish a grandi à Waswanipi où il a commencé à jouer au hockey. Véritable nomade à l’image de ses ancêtres cris, il a traîné sa poche de hockey à Chibougamau, puis à Mistissini avec les Bears de la Nation Crie, avant d’aboutir à Ottawa au sein des Voyageurs de la Canadian International Hockey Academy pour deux ans.

«C’est une école privée à Rockland. C’est vraiment là que je me suis développé avec beaucoup d’encadrement et des entraînements hors glace. L’éducation y était aussi très importante. J’ai joué avec des Russes, un Tchèque et même un Australien et un Israélien. J’ai aussi retrouvé Chiwetin Blacksmith, qui vient de Waswanipi et qui est avec les Colts de Barrie dans la Ligue junior de l’Ontario.

Retour en Abitibi

S’il n’a jamais regretté son séjour avec les Voyageurs, où il s’est développé à la fois comme joueur et comme individu, Silas Mattawashish a pris la décision de tenter sa chance avec les Forestiers midget AAA l’an dernier. Il fut l’un des sept joueurs autochtones à faire leur place dans l’équipe.

«Je cherchais plus de visibilité pour le junior majeur. L’année fut plus difficile au niveau des études en français, alors que c’est ma troisième langue après le cri et l’anglais. Cette année, j’ai un tuteur et je suis mieux structuré au niveau scolaire. C’est important pour moi, encore plus que le hockey. Il faut un plan B», affirme-t-il.

Confiant pour les Forestiers

Seul joueur autochtone cette année, il avoue avoir dû s’adapter à cette nouvelle réalité en début de saison. «C’est sûr que je m’ennuie d’être entouré d’autres personnes qui parlent ma langue et qui sont de ma culture, mais après le premier mois, tout ça était derrière moi. J’adore jouer avec mes coéquipiers et j’apprends le français», fait-il valoir.

Assistant-capitaine pour les parties sur la route, Silas Mattawashish estime prêcher davantage par l’exemple que par les grands discours. «On a connu un début de saison très difficile. Je sens toutefois que ça se replace tranquillement. Nous sommes chanceux de pouvoir compter sur des entraîneurs qui nous montrent les petits détails sur lesquels on doit travailler pour être meilleurs. J’ai vraiment l’impression qu’on s’améliore beaucoup comme équipe depuis quelques semaines, estime-t-il.

«On y va un objectif à la fois, poursuit-il. On veut bien faire au Challenge midget AAA CCM (Gatineau, 16 au 20 décembre) pour permettre aux recrues de se faire remarquer. Puis, on veut être prêts pour les séries en février.»

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