Nouveau front du monde agricole pour défendre la gestion de l’offre

Nouvel épisode d’une bataille qui semble ne jamais vouloir se terminer, alors que les producteurs et transformateurs agroalimentaires de l’Abitibi-Témiscamingue montent une fois encore au front afin de défendre le système de la gestion de l’offre.

Il y a quelques années, la Fédération régionale de l’UPA (UPA-AT) et ses membres avaient mené une bataille, de concert avec la maison-mère, pour réclamer le maintien de cette structure dans le cadre des négociations du Canada au sein de l’Organisation mondiale du commerce. Cette fois, ce sont les négociations du Partenariat transpacifique qui pourraient mettre en péril cet outil.

Un système qui a fait ses preuves

«Si nous parvenons à produire du lait et des œufs de qualité et à être concurrentiels avec les autres régions malgré les distances et un climat qui nous est tout sauf favorable, c’est grâce à la gestion de l’offre», a rappelé Sylvain Vachon, président de l’UPA-AT.

changeUne assurance de qualité

Pour Hélène Lessard, copropriétaire de la fromagerie Le Fromage au village de Lorrainville, la gestion de l’offre lui assure un approvisionnement régulier, tout comme une stabilité des prix et une garantie de qualité. «Ça facilite beaucoup notre gestion et notre planification», a-t-elle fait valoir.

Pierre Beaudoin, président de la Coop Val-Nord, va encore plus loin et n’hésite pas à parler d’un système vital pour la région. «Dans un contexte qui a été fragilisé par les crises précédentes, nous devons garder un niveau critique de fermes pour continuer d’assurer de bons services», a-t-il signalé.

Péril en la demeure

Or, il y a de nouveau péril en la demeure, a averti Gabriel Rancourt, président des Producteurs de lait d’Abitibi-Témiscamingue.

«On nous fait miroiter que la dérèglementation favoriserait l’exportation, qu’elle nous permettrait de produire plus et qu’elle ferait baisser les prix pour les consommateurs. Or, depuis que l’Australie a dérèglementé son secteur laitier, en 2000, 51 % des fermes laitières ont cessé leurs activités, la production a baissé de 15 %, la valeur des exportations a chuté de 13 %, le prix du lait aux producteurs a diminué de 23 % et le prix des produits laitiers a monté de 36 %. Ça n’a pas fait ses preuves. Et ça nous inquiète fortement», a-t-il exposé.

«On peut ouvrir les portes de toutes les granges, mais c’est loin d’être garanti qu’on va en tirer du positif par rapport aux avantages de la gestion de l’offre, un mécanisme de gestion sain qui a fait ses preuves et qui fonctionne sans subvention», a renchéri le député d’Abitibi-Ouest, François Gendron, qui a été ministre de l’Agriculture de 2012 à 2014.

Un système en équilibre

La gestion de l’offre permet aux producteurs de lait, de poulets, de dindons, d’œufs de consommation et d’œufs d’incubation de maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande de leurs produits au Québec et au Canada. Ils ne produisent donc que les volumes nécessaires pour répondre aux besoins des consommateurs. Ils évitent aussi de produire des surplus qui devraient alors être écoulés à perte. La structure garantit aussi l’égalité entre tous les producteurs, peu importe la distance qui les sépare des usines de transformation ou les rigueurs du climat avec lequel ils doivent composer.

Plus de détails sur la campagne lancée par l’UPA-AT et ses alliés sont disponibles au .

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