Un nouveau départ avec la Déclaration de Val-d’Or

Un nouveau départ avec la Déclaration de Val-d’Or

La Ville de Val-d’Or, les communautés autochtones de l’Abitibi et le Grand Conseil des Cris ont pris un nouveau tournant dans leurs relations, mardi matin à l’hôtel de ville, en signant la Déclaration de Val-d’Or.

Se voulant une nouvelle alliance de collaboration dans la foulée de la crise vécue à Val-d’Or cet automne, le document réunit ses signataires dans leurs efforts conjoints afin de contrer la violence, le racisme et la discrimination, en plus de favoriser les échanges culturels, sociaux et économiques entre eux.

«Avec la Déclaration de Val-d’Or, le 15 décembre 2015 est une journée très importante dans l’histoire de notre municipalité, a lancé le maire Pierre Corbeil. Cette Déclaration marque un nouveau départ et non une fin. Notre histoire relate 80 ans de cohabitation et notre défi à tous est maintenant d’en écrire de nouveaux chapitres, où les mots mieux vivre ensemble nous définiront davantage, a-t-il ajouté.

«Nos différences culturelles et sociales doivent plus que jamais nous inspirer. Il faut davantage échanger, écouter, apprendre, questionner, connaître et célébrer dans un climat de paix et de sérénité. La Déclaration de Val-d’Or traduit toutes ces actions», a mentionné M. Corbeil.

Des engagements

Outre la Ville de Val-d’Or et le Grand Conseil des Cris, les signataires de la Déclaration sont les communautés algonquines de Lac-Simon, Pikogan et Kitcisakik.

Les cinq signataires s’engagent notamment à travailler activement à la bonne entente entre les nations, d’une part en mobilisant leurs communautés respectives, d’autre part en invitant les autres municipalités et communautés autochtones du Québec, ainsi que les gouvernements provincial et fédéral, à adhérer aux objectifs de la Déclaration de Val-d’Or.

«Les événements des dernières semaines nous ont permis de réfléchir à des solutions concrètes pour rapprocher nos peuples, a mentionné le maire Corbeil. Cette Déclaration fera souffler un vent de changement bénéfique à tous et qui, j’en suis persuadé, saura inspirer d’autres municipalités du Québec. Nous voulons que les solutions soient initiées à Val-d’Or.»

Les Cris lèvent leur boycott

Soulignant les différentes mesures prises par la Ville pour lutter contre la discrimination, le Grand Conseil des Cris va lever le boycott concernant la tenue d’activités de son organisation à Val-d’Or, dont le prochain tournoi de hockey mineur de la Nation crie, prévu en avril 2016.

Comités de liaison, révision des politiques, campagnes sur la diversité et ateliers de sensibilisation figurent parmi les initiatives de Val-d’Or saluées par le Grand Conseil des Cris. Malgré ces efforts, les dirigeants de l’organisme ne sous-estiment pas l’ampleur de la crise actuelle.

«Ne vous y trompez pas; nous ne prétendons pas avoir résolu le problème et qu’il est maintenant réglé, a déclaré le chef du Grand Conseil des Cris, Matthew Coon Come, assurant qu’il allait se tenir aux côtés de quiconque dénonce le racisme et la discrimination.

«Des sévices continuent d’être signalés dans d’autres régions. Il ne s’agit pas d’un problème unique à Val-d’Or, mais d’un problème de nature systémique. Québec doit prendre position sur ces questions de sécurité publique», a réitéré le chef Coon Come.

Nomination de deux enquêteurs autochtones

Et pendant qu’on signait la Déclaration de Val-d’Or, le ministère de la Sécurité publique annonçait la nomination de deux policiers autochtones, Mylène Trudeau et Derek St-Cyr, au sein de l’équipe d’enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), chargée de l’enquête sur les allégations d’abus envers des femmes autochtones par des policiers à Val-d’Or.

Ces nominations font suite à une demande des Premières Nations dans le but de rétablir le lien de confiance. Selon le ministère, les deux policiers autochtones auront accès aux documents et aux preuves de cette enquête, qu’ils poursuivront de concert avec l’équipe du SPVM déjà en place. Selon Radio-Canada, le rapport d’enquête devrait être déposé quelque part en février.

 

Laisser un commentaire