Une course olympique pour admirer des diamants

Une course olympique pour admirer des diamants

Crédit photo : Guy Tremblay

Une invitation pour visiter la seule mine de diamants au Québec, cela ne se manque pas. Ce sera presque un aller-retour et à 7 h 30 le matin, j’étais à l’aéroport pour attendre l’avion qui transporte les travailleurs à la mine Renard.

Une heure après le décollage, c’est en compagnie du confrère René Martel de Planète 93,5 que je pénètre dans les bureaux de la compagnie minière Stornoway. Quelques minutes plus tard, un employé à la recherche de deux journalistes – il s’agit bien de nous! – nous amène dans une salle où il nous faut se déguiser en travailleur avec chapeau, bottes, manteau, lunette, gants et bien sûr des coussinets pour les oreilles. Le premier objectif : visite du moulin où de la pierre naissent les diamants. Malheureusement avant de pénétrer dans l’immense édifice haut de 8 étages, l’appareil photo dont je ne me sépare que pour dormir, ne peut me suivre dans ce lieu à haute sécurité.

Une toile d’araignée

L’un des premiers arrêts se situe à la salle de contrôle où une vingtaine d’écrans permettent à des employés de surveiller tout ce qui se passe dans l’usine et de répondre à la moindre alerte. Précisons que l’intérieur de l’usine ressemble à une immense toile d’araignées où de longs convoyeurs transportent des roches qui deviennent de plus en plus petites à mesure qu’elles montent vers le sommet de l’édifice. Une explication assez simple pour vous dire que le procédé est tellement complexe que je ne peux y apporter ma caméra… De plus, cela veut aussi dire que pour admirer le processus, il faut se taper les huit étages. À mesure que l’on monte et que la roche rapetisse, les sueurs augmentent et le souffle diminue.

Un lieu sacré

Au dernier étage, alors que la roche est concassée en petits dés, les convoyeurs disparaissent dans une espèce de petite salle qui gardera son mystère. Personne ne pénètre dans ce lieu sacré, car c’est là que des dames récupèrent les précieux diamants. Oui, il n’y a que des employées et le guide nous explique qu’effectivement il n’y a que des dames car l’expérience leur a démontré qu’elles seraient plus patientes et attentives pour effectuer cette tâche très importante. Je vous laisse deviner la fouille qu’elles doivent subir avant de sortir de leur coffre-fort. Comme nous sommes rendus au sommet de la pyramide, il faut redescendre.

Une belle surprise

Autour du cou, chacun de nous a une carte magnétique qu’il faut utiliser pour chaque porte. Comme l’heure avance et que nous devrons reprendre l’avion, je constate qu’il sera vraiment difficile d’effectuer la visite sous terre. Voilà que nous sortons à l’extérieur mais seulement pour nous diriger vers une autre porte où il est inscrit Sécurité Renard. Il me semble que cela ne peut pas être plus sécuritaire que ce que nous venons de vivre. Erreur! Nous devons nettoyer nos chaussures et, comme par magie, mon appareil photo apparait dans les mains de notre guide. C’est bien le fun, mais c’est tard un peu, n’est-ce pas? Encore là, un par un, nous franchissons quelques portes à l’aide de nos cartes magnétiques pour arriver dans une petite salle où nous attendent quelques gardes de sécurité. Sur une table devant nous, deux petits comptoirs où reposent des centaines de diamants. J’ai bien dit des centaines de diamants multicolores. Il y en a même qui sont encore prisonniers d’un morceau de roche. Je regarde René et ses yeux brillent autant que les miens.
Une autre fois

Ça valait la peine d’effectuer ce marathon pour avoir la chance d’admirer ces pierres précieuses qui proviennent des entrailles de la terre ou devrais-je dire des entrailles de la roche. Il faut maintenant nous dépêcher car nous devons remettre nos vêtements de journaliste pour reprendre l’avion à destination de Chibougamau avec des travailleurs qui rentrent à la maison. La visite sous terre, on la fera une autre fois sans problème. Confortablement assis dans l’avion d’Air Creebec, je ferme les yeux et devinez ce que je vois? Bien oui! Je vous avoue que je ressens beaucoup d’orgueil alors que nous possédons tout près de Chibougamau cette mine et que j’ai eu la chance d’admirer le fruit de ses entrailles.