Y a-t-il un avenir pour l’uranium au Québec?

Alors que l’État québécois se réjouit de la diversification progressive son industrie minière, le BAPE vient de jeter une douche froide sur le secteur de l’uranium en recommandant de ne pas exploiter cette ressource dans le contexte actuel.

Les conclusions du rapport du BAPE sur la filière uranifère au Québec, publié après plus d’un an d’analyses et de consultations publiques, ont été accueillies avec satisfaction par la Coalition Pour que le Québec ait meilleure mine. L’organisme milite en effet de longue date pour que l’uranium ne soit pas exploité au Québec. Du moins, pas avant que des changements majeurs ne surviennent dans cette filière.

«Nous sommes très heureux de voir que le BAPE constate ce que nous-mêmes constatons depuis des années, à savoir que les risques et les incertitudes rattachés aux mines d’uranium pour la santé et l’environnement sont encore trop nombreux pour autoriser leur exploitation», a commenté Ugo Lapointe, porte-parole de la Coalition.

Une approche «sélective et biaisée»

Dans son rapport, le BAPE déclare en effet ne pas être satisfait des méthodes et des technologies actuelles pour maintenir la sécurité à long terme des sites uranifères. L’organisme craint également que les coûts environnementaux et économiques rattachés à ce type d’exploitation ne soient refilés aux générations futures. Enfin, le BAPE affirme qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale de cette filière au Québec.

Ces conclusions ont fait bondir l’Association de l’exploration minière du Québec (AEMQ). Selon elle, la commission du BAPE aurait adopté une approche «sélective et biaisée» dans l’exécution de ses travaux en choisissant les mémoires qui pouvaient être reçus ainsi que les villes où les audiences allaient se tenir.

«Parmi les aberrations contenues dans le rapport, nous soulignons notamment le manque de crédibilité dans son argumentaire environnemental lorsqu’il s’oppose au développement de la filière sans connaître la nature spécifique des projets qui seront soumis à une éventuelle évaluation et le cadre extrêmement contraignant qui s’appliquera à de tels projets», a fait valoir Valérie Fillion, directrice générale de l’AEMQ.

Rappelons que l’automne dernier, l’AEMQ avait vu son mémoire être rejeté par le BAPE. L’organisme alléguait que celui-ci ne répondait pas aux critères fixés par la commission parce qu’il portait des jugements et mettait en doute l’intégrité des commissaires.

Une filière d’avenir?

De son côté, l’Association minière du Québec (AMQ) a adopté une position plus nuancée, en saluant la décision du ministre de l’Environnement, David Heurtel, de prendre le temps d’analyser en profondeur le rapport du BAPE avant de statuer sur l’avenir de la filière uranifère au Québec.

«L’expérience de la Saskatchewan démontre qu’il est possible de bien exploiter une mine d’uranium tout en respectant les gens et l’environnement, a souligné Josée Méthot, PDG de l’AMQ. En raison du contrôle rigoureux des niveaux d’exposition, l’exploitation moderne d’une mine d’uranium ne présente aucun risque significatif à la santé humaine. Nous sommes donc heureux de constater que le gouvernement ne rejette pas d’emblée cette filière, qui pourrait permettre de créer au Québec une nouvelle industrie et même, grâce à la recherche, en réduire ou même éliminer les risques qui y sont associés.»

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