Horaire réduit à l’aéroport de Chibougamau-Chapais

Denis Lord - Initiative de journalisme local
Horaire réduit à l’aéroport de Chibougamau-Chapais
En raison d'un manque de personnel, atterrissages et décollages sont désormais interdits entre 18 h et 6 h. (Photo : Guy Tremblay)

En raison d’un manque de personnel pour s’occuper des pistes, il n’y aura ni atterrissage ou décollage à l’aéroport de Chibougamau-Chapais entre 18 h et 6 h pendant une période de « plusieurs mois ».

Au moment d’écrire ces lignes, le ministère des Transports du Québec (MTQ) n’a pas précisé à La Sentinelle la durée anticipée de l’interruption de services, qui a commencé le lundi 14 mars dernier.

Le Centre régional de santé et de services sociaux de la Baie-James (CRSSSBJ) a tenu à rassurer la population. « Les transferts de jour seront privilégiés, fait savoir l’adjointe à la présidente-directrice générale, Julie Pelletier. Autrement, nous allons utiliser les transports terrestres par ambulance et les hélicoptères. »

Ces derniers ne sont pas restreints aux mêmes horaires que les avions. Par contre, les vols se feront vers les différents hôpitaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, selon le type de soins nécessaires. Habituellement, en avion, les patients cris sont évacués vers Val-d’Or ou Montréal; quant à ceux du CRSSSNJ, les destinations sont assez variées.

Plainte du gouvernement de la nation crie

Le Conseil cri de la santé et des services sociaux considère qu’il est prématuré d’émettre des commentaires sur la situation. « Nous sommes encore dans le processus d’analyser les impacts potentiels sur nos opérations », a fait savoir une porte-parole de l’organisme.
Cependant, lors d’une séance du gouvernement régional Eeyou Istchee Baie-James (GREIBJ), le 17 mars dernier, la grande cheffe du gouvernement de la nation crie, Mandy Gull-Masty, a affirmé avoir envoyé une lettre au ministre des Transports, François Bonnardel, au nom de la nation crie, pour demander un retour à la normale.

Pas de coupure, svp

La mairesse de Chibougamau et présidente du GREIBJ, Manon Cyr, a déjà interpellé le député provincial, Denis Lamothe, ainsi que le ministre Bonnardel sur la situation et compte écrire à ce dernier au nom du GREIBJ.
Mme Cyr dit avoir eu des conversations avec des élus cris et jamésiens ainsi qu’avec des intervenants du secteur minier, qui ont manifesté leur inquiétude face à la diminution de services.

« Tout le monde fait du bruit pour qu’on revienne à de bons services, commente la mairesse de Chibougamau. […] C’est une problématique autant médicale qu’économique. On ne veut pas de coupure du tout. »
Le député caquiste d’Ungava, Denis Lamothe, dit s’impliquer dans le dossier. « Il y a des pourparlers entre le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles et le ministère des Transports pour tenter de trouver une solution au manque d’effectif », assure-t-il.

Du côté des affaires

La restriction des heures d’ouverture étant toute récente, les acteurs économiques de la région n’ont pas vraiment eu l’occasion d’en être éprouvés.
Le président de la Chambre de commerce de Chibougamau-Chapais, Sébastien Vandal, concède ne pas « avoir reçu encore d’écho de ses membres ».
Le président de la scierie Barrette-Chapais, Benoît Barrette, qualifie la nouvelle de « décevante et de surprenante » mais ne considère pas que c’est un gros problème pour lui en regard du transport des employés.

L’analyse est semblable chez les minières QC Copper and Gold (Opémiska) et Stornoway (projet Renard).
« Nous ne sommes pas affectés, nous prenons des vols d’arrivée le matin et les vols de retour en après-midi, explique le vice-président Exploration de QC Copper and Gold, Charles Beaudry. Nous n’utilisons pas les vols nolisés et ne prévoyons pas en prendre. »

Un enjeu de sécurité

Stornoway utilise également des vols de jour de dire sa vice-présidente aux ressources humaines, Sylvie Gervais. « Techniquement, ça ne nous affecte pas, assure-t-elle, à moins d’un retard de vol. »
Mme Gervais considère néanmoins que cette coupure des heures d’ouverture génère un enjeu de sécurité pour l’éventuelle évacuation d’employés en cas d’urgence médicale.

« Ça nous affecte considérablement, soutient Cédric Gendron, adjoint à la direction de Forages Chibougamau, qui organise des vols nolisés pour ses propres besoins et ceux de ces partenaires. Nous n’avons pas beaucoup de vols durant ces heures de fermeture, mais il y a toujours des urgences. »
M. Gendron ajoute qu’un retard causé par une mauvaise météo peut faire en sorte qu’un avion ne puisse décoller ou atterrir, une situation qui peut causer des frais supplémentaires, par exemple en termes d’hôtel.

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