Nexolia : la main-d’œuvre est un enjeu majeur

René Martel, Initiative de journalisme local
Nexolia : la main-d’œuvre est un enjeu majeur
Le robot est muni de caméra 3D. Il est capable d'identifier les tomates qui doivent être récoltées et est pourvu de plusieurs bras articulés. (Photo : Courtoisie)

Nexolia qui est maintenant propriétaire de Chapais Énergie et des Serres bleues à Chapais, n’échappe pas au problème de main-d’œuvre qui touche l’ensemble de la région, mais aussi de la province.

« J’ai malheureusement les mêmes problèmes que tous les autres employeurs. C’est difficile de trouver des gens pour combler les postes qui sont disponibles », nous avoue Vicky Lavoie qui est propriétaire de Nexolia. « Nous avons affiché un emploi il y a une dizaine de jours. C’est un travail qui est bien rémunéré, qui ne demande pas de qualification particulière. Un emploi à 22 $ de l’heure, syndiqué avec un fonds de pension, tout le kit… Nous n’avons reçu aucun C.V. »

Mme Lavoie se dit cependant chanceuse. « L’équipe, qui est en place du côté de Chapais Énergie, y est depuis longtemps. Ce sont des gens super dévoués. Mais quand un poste se libère, ce n’est pas une partie de plaisir que de trouver un nouvel employé. C’est même très difficile de trouver des gens. »

« C’est maintenant devenu un jeu de séduction. Quand tu veux recruter un employé, il faut le convaincre qu’il va être bien chez nous et une fois qu’il est là, pour le garder, il faut s’assurer qu’il soit bien », lance Mme Lavoie.

Du côté des Serres bleues qui produisent actuellement entre 45 000 et 60 000 kilogrammes de tomates par semaine pour Savoura, la main-d’œuvre est tout un défi selon Mme Lavoie. « Nous avons maintenant des travailleurs étrangers qui proviennent du Mexique, mais c’est un combat de tous les jours. C’est difficile d’avoir des permis de travail. Au lieu de prendre 2 semaines pour les avoir, c’est plutôt six mois. » Cependant tout se passe bien. Les travailleurs sont logés dans des maisons qui sont neuves et leur rémunération est supérieure à la moyenne dans le domaine, d’après Mme Lavoie.

Robotisation à la rescousse

Depuis le début du projet de serres de tomates, Nexolia a toujours affirmé qu’il y aurait d’autres phases au projet de serre. Avec un aussi gros problème de main-d’œuvre le projet est-il toujours d’actualité ? « Plus que jamais. Nous avons dû retarder le début de la construction de quelques mois suite à l’explosion des coûts de construction, mais le projet est là et nous devrions être opérationnels pour la fin de 2022. »

Pour amoindrir l’enjeu de la main-d’œuvre, Nexolia va se tourner vers la robotisation pour faire la récolte de ses tomates. « Nous venons de faire l’acquisition de robots qui vont faire la récolte des tomates. »
Nexolia sera la deuxième entreprise au monde à faire appel à ces robots nouveau genre qui ont été développés spécialement pour le type de tomate que produisent les Serres bleues. Le développement des robots a été fait par deux ingénieurs israéliens qui travaillaient pour la Nasa. Le premier robot qui est affectueusement nommé « ROGER » par Mme Lavoie, a été testé en Hollande l’an dernier et sera en opération à Chapais vers la fin de l’été.

Le robot récolteur muni de caméra 3D est capable d’identifier les tomates qui doivent être récoltées et est pourvu de plusieurs bras articulés spécialement étudiés. Il est capable de prendre les tomates mûres, de les couper, pour ensuite les placer sur son tapis roulant sans les briser. Par la suite, il envoie la précieuse grappe de tomates dans une boite. Quand la boite, située à l’arrière du robot est pleine, elle sera doucement déposée dans l’allée. Le robot développé par la compagnie Metomotion peut aussi accomplir d’autres tâches dans la serre, comme par exemple, servir à la pollinisation, l’effeuillage spécifique d’arbustes et la collecte de données pour l’analyse et l’optimisation des plantes.
« Bien entendu, nous aurons besoin d’employés quand même pour faire le nettoyage des serres, pour couper les feuilles. Mais une fois rendu à la récolte, « Roger » prendra la relève. Les serres équipées de cette nouvelle technologie auront besoin de 30 % moins d’employés », affirme Mme Lavoie.

L’entreprise se prépare également à accueillir de nouveaux travailleurs. Pour ses futurs développements, elle vient d’acquérir une ancienne école à Chapais. Celle-ci sera transformée pour faire des appartements qui logeront les travailleurs des Serres bleues.

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