Relance à Quévillon: Unifor presse Couillard d’intervenir

Par martin_guindon
Relance à Quévillon: Unifor presse Couillard d’intervenir

Le syndicat Unifor presse le premier ministre Philippe Couillard d’intervenir auprès de Domtar pour faire lever une clause qui empêcherait la relance de son ancienne usine de pâte kraft à Lebel-sur-Quévillon.

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Selon le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné, une clause imposée par Domtar lors de la vente de l’usine à Fortress Paper en 2012 limiterait la production à 100 000 tonnes de pâte kraft par année pendant huit ans.

Cette situation ne posait pas de problèmes à l’origine, puisque l’entreprise devait y produire de la pâte cellulosique destinée à la fabrication de rayonne. Toutefois, des mesures protectionnistes adoptées par la Chine (une surtaxe de 23 %) sont venues contrecarrer les plans de Fortress, qui y a déjà investi 40 M $.

Une demande croissante

«Le projet n’a donc jamais démarré et n’importe quel promoteur qui voudrait s’enquérir pour acheter ou s’associer pour relancer cette usine doit attendre huit années additionnelles pour produire de la pâte kraft alors que le marché mondial est en croissance. La demande et les prix sont en hausse. Résolu parle de doubler la production de son usine de Saint-Félicien, alors qu’ici on a une usine qui est prête pour ça», fait valoir M. Gagné, dont la tournée dans les régions s’est arrêtée à Amos, mardi.

Comme Domtar a cessé ses opérations en décembre 2008, donc il y a près de huit ans, elle devrait maintenant laisser aller l’usine et permettre aux gens de profiter de la reprise actuelle. Il rappelle de plus que la région est aux prises avec des surplus de copeaux produits par les usines de sciage. Ceux-ci doivent être transformés à l’extérieur de la région.

Un allié de taille

Gérald Lemoyne, ancien maire fraîchement élu conseiller municipal à Lebel-sur-Quévillon, voit en Unifor un allié de taille pour la relance de l’usine de pâte. Il attribue d’ailleurs son retour en politique active à ce projet et aux 300 emplois directs qu’il pourrait créer dans son milieu.

«Selon moi, c’est la meilleure possibilité pour cette usine. Elle pourrait être relancée pour quelques dizaines de millions de dollars, alors que la reconstruire coûterait 1 milliard de dollars. On a aussi l’avantage d’avoir la cogénération avec une entente avec Hydro-Québec», a-t-il déclaré.

 

Entente de principe à Forex Amos

Renaud Gagné a aussi confirmé qu’une entente de principe était intervenue entre Unifor et Forex Amos pour le renouvellement de la convention collective (qui remonte à Temlam). Celle-ci doit maintenant être entérinée par la cinquantaine de membres du syndicat qui travaillent à l’usine de LVL et qui doivent se prononcer le vendredi 3 juin. Des dispositions seraient aussi prévues à l’entente pour les éventuels travailleurs de l’usine de panneaux OSB en construction.

En faveur d’un libre échange

Unifor rejoint la position du Conseil de l’industrie forestière du Québec en faveur du maintien du libre-échange avec les États-Unis pour le bois d’œuvre québécois. Il estime que la mise en place du Bureau de la mise en marché du bois, avec la vente aux enchères de 25 % des approvisionnements en forêt publique, devrait libérer les producteurs québécois de toutes surtaxes et quotas d’exportation. L’entente sur le bois d’œuvre est échue depuis octobre 2015.

Réduire les impacts du caribou forestier

Renaud Gagné a rappelé que Québec ne peut pas faire fi des travailleurs dans son projet de plan de protection pour le caribou forestier. Selon lui, les travailleurs doivent être consultés et le gouvernement doit prévoir des mesures de transition pour maintenir les économies régionales et les emplois.

Unis contre Greenpeace

Unifor se fait l’allié de Laurent Lessard, ministre des Forêts, dans sa bataille contre Greenpeace, qu’il accuse de tenir des campagnes de désinformation à l’endroit de l’industrie forestière québécoise. «Ce sont nos emplois et nos économies régionales qui sont menacés par de tels propos», a affirmé Renaud Gagné, en rappelant que le régime forestier québécois et l’un des meilleurs au monde en matière de développement durable.

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