Un nouveau support aux entreprises touristiques du nord du 49e

Denis Lord, Initiative de journalisme local
Un nouveau support aux entreprises touristiques du nord du 49e
La directrice générale de Tourisme Baie-James, Isabelle Milord, aurait souhaité que les associations touristiques régionales soient impliquées plus tôt dans l'élaboration du projet d'incubateur-accélérateur. (Photo : Denis Lord )

Le gouvernement québécois investira 8 M$ durant les trois prochaines années pour appuyer la naissance de nouvelles entreprises touristiques au nord du 49e parallèle.

L’annonce a été faite par la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, le 8 avril dernier. Le budget sera géré à travers un nouvel incubateur-accélérateur qui sera sous la gouverne de la Fédération des pourvoiries du Québec, Tourisme Autochtone Québec et Aventure Écotourisme Québec.

« Sa mission, a énoncé Mme Proulx, sera de stimuler le développement touristique sur le territoire. Il va viser à accélérer la réalisation de projets, entre autres, pour rehausser la qualité de l’offre nature-culture-aventure, structurer le tourisme de la destination et accompagner les projets qui vont s’adresser à une clientèle internationale.
L’incubateur n’aura pas d’adresse physique; par contre, il bénéficie déjà d’un site Internet, ianord.ca.
« Ça sera un accélérateur nomade, affirme le directeur de Tourisme Autochtone Québec, Dave Laveau. Oubliez le bureau physique. On veut être sur le terrain. On veut transférer l’expertise au niveau régional. »

Faire une différence

Autant que la pandémie le permettra, le trio de l’incubateur compte se rendre dans les régions dans les prochaines semaines pour présenter l’initiative, rencontrer les acteurs régionaux et avoir un topo des projets en cours ou sur la planche à dessin.
Le budget ne créera pas de nouveau emplois. « Nous allons chercher des experts dans nos réseaux », précise le président-directeur général de la Fédération des pourvoiries du Québec, Marc Plourde. « Nous avons uns expertise de pointe, nous voulons que ça fasse une différence pour que des projets voient le jour. Les trois quarts des 8 M$ seront investis directement dans les entreprises. […] La hauteur des aides sera définie lors des prochaines semaines. »
M. Plourde a mentionné qu’il avait, avec ses partenaires de l’incubateur, un « long historique de collaboration pour du tourisme durable et sécuritaire. »

Réactions

La directrice générale de Tourisme Baie-James, Isabelle Milord, considère que le projet est intéressant, mais émet des réserves quant au manque de consultation.
« Tourisme Baie-James, Tourisme Eeyou Istchee et la COTA (Cree Outfitting and Tourism Association) travaillent depuis plus de 20 ans à structurer l’offre touristique de leur région respective, explique Mme Milord. Il s’agit donc d’un projet porteur et structurant qui permettra de poursuivre les efforts continuels déjà déployés par les trois organismes. […] Il aurait été souhaitable que les associations touristiques régionales soient impliquées plus tôt dans l’élaboration de ce projet. Le projet devra d’ailleurs prendre en considération l’ensemble de l’écosystème socioéconomique déjà en place sur le territoire. »

Transfert d’expertise

Mme Milord considère également que le transfert d’expertise devra être effectué par les associations touristique sectorielles vers les associations touristiques régionales, leurs membres et les acteurs locaux, afin que cette expertise soit conservée sur le territoire.
Enfin, la directrice générale affirme que : « La fine connaissance du territoire et des réalités très distinctives en Eeyou Istchee Baie-James par les communautés, entrepreneurs et les ATR et COTA sera d’une importance cruciale dans la réussite du projet d’accélérateur-incubateur. »

Un arrimage à faire

La directrice générale de COTA, Robin McGinley, de manière similaire à sa collègue Isabelle Milord, a souligné que, chez les Cris, l’incubateur-accélérateur allait devoir tenir compte des particularités régionales à savoir la prépondérance de l’anglais et la Convention de la Baie-James et du Nord québécois.
Mme McGinley signale que la COTA travaille depuis déjà longtemps avec la Fédération des pourvoiries du Québec, Tourisme Autochtone Québec et Aventure Écotourisme Québec. « On travaille avec leurs experts, qu’on connaît déjà, précise Mme McGinley, par exemple avec Aventure Écotourisme pour la certification de certains de nos membres. »
La directrice précise que la COTA a ses propres programmes de coaching, d’accompagnement et de formation. « Nous avons fait beaucoup de projets, note-t-elle, alors c’est juste comme un autre programme. Nous allons travailler avec eux. […] Du nouvel argent, c’est toujours une bonne nouvelle. Ça va nous aider avec les communautés. »

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