Une annonce insuffisante pour contrer le navettage

René Martel, Initiative de journalisme local
Une annonce insuffisante pour contrer le navettage
Le premier ministre est venu faire l’annonce de la construction de logements locatifs et de maisons destinés à de futur travailleurs. (Photo : Émilie Nadeau)

La semaine dernière, la Jamésie a reçu de bonnes nouvelles dans sa lutte contre le fameux fly-in fly-out. Le premier ministre François Legault est venu lui-même faire l’annonce d’investissement de plus de 87 M$ pour la construction de logements locatifs et de maisons destinés à de futur travailleurs. Cette annonce a eu l’effet d’un vent de fraicheur dans cette lutte contre le navettage et pour augmenter l’occupation du territoire. Mais une telle mesure est-elle suffisante pour contrer le phénomène de navettage?

La plupart des intervenants, bien que très heureux de l’annonce du gouvernement de M. Legault, s’entendent pour dire que cette mesure à elle seule ne sera pas suffisante pour contrer le travailleur de l’extérieur qui vient dans le Nord-du-Québec uniquement pour travailler et retourner chez lui, plus au sud, une fois sa « run » terminée. Le premier ministre lui-même en est bien conscient.

« Je pense que c’est un début. Le manque de logements était un frein important pour les gens qui souhaitent s’établir dans le Nord-du-Québec. Il n’y avait pas de logements. Ils ne pouvaient ni louer, ni acheter. Ça prend aussi des logements libres, mais qui répondent à leurs besoins, pour les familles, etc. Mais il va falloir aller plus loin que ça », a lancé François Legault en conférence de presse à Chibougamau.

Le premier ministre l’a avoué, il n’est pas un grand fan du navettage. « Ce n’est pas bon pour l’esprit dans une communauté », résume-t-il. Il a affirmé que son gouvernement allait se pencher sur d’autres incitatifs pour contrer le fly-in fly-out que ce soit des incitatifs fiscaux ou autres. « Nous continuons les discussions, entre autres avec Madame Cyr, la mairesse de Chibougamau. Il faut absolument trouver les bons incitatifs pour que les gens s’établissent ici. Des avantages fiscaux pour les entreprises afin que leurs employés s’établissent dans la région ne sont pas exclus », a conclu le premier ministre.

Même le volet du transport aérien fait partie de la solution. Un dossier dont le premier ministre Legault est bien au fait.
« Je travaille sur le dossier avec le ministre des Transports, M. Bonnardel. Il y a plusieurs aéroports au Québec où nous avons des problèmes de prix et de fréquence. Ce que nous allons proposer à plusieurs compagnies aériennes, dont Air Creebec et Air Inuit, c’est que la compagnie qui nous fera la meilleure proposition de service recevra une subvention en échange d’une garantie de fréquence minimum et d’un prix maximum. Parce que, payer 1 000 $ pour un aller-retour à Montréal, je considère que ça n’a pas de bon sens! »

Consensus régional

Lorsque l’on demande à la mairesse de Chibougamau si cette mesure de logement mettra fin au navettage dans la région, celle-ci croit qu’il s’agit d’un bon pas en avant, mais que la partie est loin d’être gagnée. Elle est catégorique : la région avait besoin de logements pour les futurs arrivants, mais cela ne peut pas être la seule solution. Il faudra d’autres incitatifs. « C’est une excellente nouvelle. C’est un début, mais nous travaillons déjà sur d’autres choses. Nous avons été agréablement surpris de l’ouverture de M. Legault et de son gouvernement concernant d’autres moyens pour contrer le navettage », affirme-t-elle.

Les élus qui font partie de l’Administration régionale Baie- James sont déjà en train de se pencher sur un document qui sera remis incessamment au gouvernement. Le document propose une panoplie de mesures pour attirer et conserver les familles dans la région, incluant des mesures fiscales.

« Ce qui est intéressant, poursuit Manon Cyr, c’est que le gouvernement est en mode solution, en mode pratico-pratique. » Selon elle, la problématique de logements était la première étape. Avec la nouvelle aérogare régionale tout neuve, il sera plus facile de développer le volet touristique et de devenir un port d’attache pour les entreprises.

Partager cet article