Une autre étape franchie pour la minière Troilus

René Martel, Initiative de journalisme local
Une autre étape franchie pour la minière Troilus
Mathieu Michaud et Jacqueline Leroux. (Photo : René Martel)

La semaine dernière, l’Agence d’évaluation d’impact du Canada est venue à la rencontre de la population de la région pour connaitre son opinion dans le cadre du Plan de participation du public relié au projet minier Troilus.

Entente

D’entrée de jeu, il faut comprendre que, en mai 2022, l’Agence d’évaluation d’impact du Canada et le Gouvernement de la nation crie ont signé une entente afin d’assurer l’implication des Cris dans le processus d’évaluation d’impact du projet minier Troilus. Cette entente délègue tous les aspects de l’évaluation d’impact à un comité d’évaluation conjoint, composé de membres de l’Agence et du Gouvernement de la nation crie. La prise de décision finale demeure toutefois la responsabilité du ministre de l’Environnement et du Changement climatique.

Le projet

Comme plusieurs le savent déjà, la minière Troilus Gold propose la construction, l’exploitation d’une nouvelle mine d’or et de cuivre à ciel ouvert située à environ 76 kilomètres au nord-ouest de la communauté crie de Mistissini et à environ 170 kilomètres au nord de Chibougamau. Tel que proposé, le projet minier Troilus comprendrait l’exploitation de deux anciennes fosses et d’une nouvelle fosse, la réutilisation du parc à résidus, l’aménagement de haldes à stériles et à mort-terrain ainsi que la construction et l’opération d’un nouveau complexe usinier de traitement du minerai. Le projet aurait une capacité maximale de production de minerai de 40 000 tonnes par jour et une durée d’exploitation de 10 ans.

Préoccupation

Lors de la première des trois présentations à laquelle le journal a assisté, une dizaine de personnes étaient présentes pour voir la présentation et en connaitre un peu plus sur le projet de Troilus Gold qui, selon les prévisions, pourrait commencer sa construction vers 2025, si toutes les étapes préalables sont franchies avec succès. Le processus de décision qui s’est entamé il y a quelque temps déjà compte 5 étapes et peut prendre jusqu’à 3 à 4 ans dans le pire des scénarios. En parallèle, la minière doit préparer ses études de faisabilité et faire les demandes de permis. Au niveau de ces autorisations, Jacqueline Leroux, vice-présidente Environnement et Permis, a avancé la date de fin 2024 pour les études de faisabilité du projet.

Le cout de la future mine à ciel ouvert de Troilus Gold est évalué pour l’instant à environ 700 M$. Bien que le chiffre soit approximatif nous mentionnait Mme Leroux, une chose est certaine, un tel projet serait beaucoup plus onéreux. On parlerait environ d’un milliard de dollars, si des installations comme la ligne électrique et la route 167 n’étaient pas à proximité ou déjà en place. La rivière Bidou devra également être déplacée sur 10 km. Des décisions devront également être prises au sujet du transport du minerai qui pourra être transporté par camion ou par train. Cela dépendra de sa destination. Sera-t-il acheminé du côté de la fonderie Horne en Abitibi ou transporté directement outremer sans être transformé au préalable. Lors de la construction de la mine, on évalue le nombre de travailleurs à 1100 sur une période de 2 ans environ. Par la suite, c’est environ 400 travailleurs qui seront nécessaires pour l’exploitation qui est prévue pour 10 ans.

Autre préoccupation

Une des préoccupations majeures qui a été soulevée par les gens présents à la consultation publique est bien entendu la main-d’œuvre et le désir des autorités et de la communauté de voir arriver de nouveaux travailleurs qui vont s’établir ici, et ce, pour y rester. Mathieu Michaud, coordonnateur en environnement pour Troilus Gold, est bien au fait que la rétention de main-d’œuvre sera un aspect important au niveau de l’acceptabilité sociale du projet. Au-delà des incitatifs financiers, il croit que le recrutement devra aussi passer par la formation de nouveaux travailleurs qui auront le désir de demeurer dans la région avec leur famille comme cela est le cas pour d’autres minières. La communauté devra elle aussi faire de son côté en sorte qu’il soit possible et facilitant de recevoir plusieurs nouveaux arrivants en même temps. Tous, lors de la consultation, en sont venus à une unanimité à savoir que les autorités municipales et la minière devront travailler main dans la main pour réussir ce gros défi.

Les participants qui souhaitent en connaitre plus sur le projet et fournir leurs commentaires sont invités à consulter le site suivant et la date limite pour émettre votre commentaire est le 5 avril 2023. ttps://iaac-aeic.gc.ca/050/evaluations/proj/83658?culture=fr-CA

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